MIDI LIBRE Coronavirus : l’œil avisé du Gardois Bernard Pons sur cette crise sanitaire

Que fait l’ancien ministre et médecin ? Chaque jour, retrouvez le récit d’un Gardois confiné.

Bernard Pons vit le confinement dans sa maison d’Aigues-Mortes.

Il a accepté de répondre à quelques questions sur cette situation hors du commun.

Comment vivez-vous cette période de confinement ?

Plutôt bien, je suis très âgé, je sors très peu habituellement, et j’ai le privilège d’avoir un jardin.

Mais je ne vis pas hors du monde, et je pense à tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, qui en France et dans les autres pays, sont confrontés dans des conditions beaucoup plus précaires, à cette catastrophe sanitaire, sociale, économique.

Le président de la République nous a déclaré en guerre en oubliant de nous dire « sans armes », on nous a confinés sans masques, sans tests, sans médicaments à disposition des médecins généralistes, sans réanimateurs suffisants.

Ma crainte est que s’il dure trop, le remède soit pire que le mal. Cette pandémie virale n’est ni la première ni la dernière.

L’optimisme qui me guide me porte à dire que comme toutes celles de l’Histoire du monde, elle aura bien une fin.

Je ne supporte plus qu’on nous submerge d’informations sans nous donner de raison de résister ou d’espérer.

En votre qualité de médecin et celle d’homme politique, quel est votre sentiment sur la crise sanitaire ?

Cette crise est la conséquence des politiques sanitaires de tous nos gouvernements depuis 1974, où les ministères successifs du Budget et de l’Economie et des Finances ont appliqué des économies drastiques sur les dépenses de santé : en médecine libérale d’abord, par le numérus clausus pour limiter le nombre de médecins généralistes, d’ou la pénurie actuelle dans les zones rurales.

Dans les hôpitaux, en affirmant que les médecins n’étaient pas de bons gestionnaires et en les remplaçant par des administrateurs au pouvoir absolu, avec obligation de faire baisser les dépenses par tous les moyens.

Face à la mobilisation générale exemplaire, et aux immenses qualités de courage, de compétence, de don de soi de tous les acteurs hospitaliers, l’Etat sera bien obligé de changer sa politique sanitaire.

Que ferez-vous sitôt le confinement terminé ?

J’irai respirer le grand air, à petits pas en petite Camargue, pour retrouver la vie !

Source: Midi Libre

https://www.midilibre.fr/2020/05/07/retrouver-la-vie-en-respirant-le-grand-air-de-la-petite-camargue,8876985.php