La complainte des prisonnières

La richesse de notre patrimoine historique est telle , qu’elle inspire parfois des poètes locaux et c’est avec grand plaisir que je vous livre les rîmes qui m’ont été transmises par l’une d’eux : Line Noël ! Un petit régal !

 

Murmures et pleurs s’échappaient du soupirail

tressé de croisillons comme dans un sérail,

gardant les femmes  par la volonté du roi,

furieux qu’elles soient ferventes d’une autre foi.

 

La tour de Constance et sa fine tourelle,

donjon d’enfer de ces âmes trop rebelles,

cachait dans le secret de ses vieilles pierres

les vœux fous de liberté des prisonnières.

 

Issues de la roture ou de la noblesse,

toutes priaient Dieu dans cette forteresse,

où le jour succédait lentement à la nuit,

sans apporter à ces malheureuses l’oubli.

 

Un soir,  le prince gouverneur du Languedoc,

révolté par l’injustice de l’époque,

délivra sitôt les quelques survivantes

ayant renié l’abjuration outrageante.

Line Noël